Starship survit enfin à sa rentrée atmosphérique après trois échecs consécutifs

Le vaisseau Starship de SpaceX traverse l'atmosphère terrestre avec une traînée de plasma orange brillante lors de sa rentrée réussie.

Une victoire arrachée après des mois de déboires

Le 10e vol d’essai du Starship marque un tournant décisif pour SpaceX. Après une série de trois échecs consécutifs qui avaient semé le doute sur la viabilité du design v2, l’étage supérieur a enfin réussi à survivre à sa rentrée atmosphérique et à amerrir dans l’océan Indien le 27 août 2025.

Cette réussite met fin à une période particulièrement difficile pour l’entreprise d’Elon Musk. Les précédents exemplaires du Starship v2 avaient tous connu le même sort tragique : explosion en vol lors des essais 7, 8 et 9. Le Ship 36 avait même explosé sur un banc d’essai avant de voler.

Point technique : Le Ship 37 utilisé lors de ce vol reposait sur le même design v2 que ses prédécesseurs, mais intégrait de nombreuses corrections techniques issues des analyses des échecs précédents.

Une rentrée atmosphérique sous haute tension

Si la mission s’est soldée par un succès, le vaisseau spatial n’est pas sorti indemne de cette épreuve. Les images diffusées en direct ont révélé des dommages spectaculaires sur la structure :

  • Décoloration orange de certaines parties du fuselage
  • Perte de fragments durant la phase de rentrée
  • Endommagement visible de la protection thermique
  • Explosion finale quelques instants après l’amerrissage

Ces dégâts étaient en partie attendus : SpaceX avait volontairement retiré des tuiles de protection thermique à des endroits stratégiques pour tester la résistance du vaisseau dans des conditions extrêmes.

Un test de déploiement réussi

Au-delà de la survie de l’étage supérieur, cette mission a également permis de valider le déploiement de charges utiles simulées. Des répliques de satellites Starlink ont été libérées avec succès dans l’espace, une première depuis janvier 2025 après plusieurs tentatives avortées.

Les réactions de l’écosystème spatial

L’industrie spatiale a salué cette réussite avec enthousiasme. Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, n’a pas caché sa satisfaction : « Ne pariez pas contre SpaceX ! ». Sean Duffy, administrateur par intérim de la NASA, a également félicité l’équipe.

Enjeu stratégique : Cette réussite est cruciale pour le programme Artemis de la NASA, qui compte sur le Starship pour déposer des astronautes sur la Lune dans les prochaines années.

Shana Diez, directrice de l’ingénierie Starship chez SpaceX, a souligné l’ampleur du travail accompli : « Les 4 dernières pertes du Ship et les innombrables heures consacrées par les équipes d’ingénieurs nous ont permis d’obtenir ce résultat. L’année n’a pas été facile. »

Perspectives pour les prochains vols

Cette réussite ouvre la voie à une accélération du programme Starship. Le vol 11 pourrait arriver plus rapidement que prévu, fort de ces résultats encourageants. Le Ship 38, également basé sur le design v2 corrigé, devrait bénéficier des enseignements de cette mission.

En attendant l’arrivée du Starship v3 prévu plus tard, SpaceX dispose désormais d’une base solide pour poursuivre le développement de sa fusée géante. Les données collectées lors de cette rentrée atmosphérique mouvementée permettront d’affiner encore davantage la protection thermique et la résistance structurelle du vaisseau.

À retenir : Malgré les dégâts visibles, cette mission démontre que le concept du Starship v2 est viable et que les corrections apportées portent leurs fruits.


A propos de l'auteur : Jerome

Jerome
Ingénieur dans le bâtiment reconverti en passionné d'astronomie à plein temps, je partage mon expertise sur ce blog depuis que je travaille à mi-temps. Mon approche d'ingénieur, combinée à ma capacité à vulgariser des concepts complexes, me permet de vous guider efficacement dans l'univers des télescopes. Fort de deux ans d'observation intensive du ciel nocturne, je mets mon expérience au service des débutants comme des astronomes amateurs confirmés.